Handicap International
Focus
Rejoignez-nous

Civils syriens

L’avenir mutilé

Répondre à l’urgence et accompagner la reconstruction

Camp de réfugiés de Zaatari. Jordanie. 2014.
© Bas Bogaerts / Handicap International

Une tragédie humanitaire

5 ans après le début du conflit en Syrie, l’escalade de violence est sans limite : multiplication des parties prenantes au conflit, intensification des bombardements en zones peuplées, circulation anarchique d’armes légères, difficultés d’acheminement de l’aide humanitaire, violations généralisées des droits de l’Homme…

Prise dans le feu croisé des combats, la population civile paie un très lourd tribut à cette guerre devenue incontrôlable.

250000

morts

1 000 000

blessés

13500000

personnes impactées

4600000

réfugiés

qusay
mohammed
moemen

Le conflit broie les vies
et mutile les corps

La population syrienne est quotidiennement prise pour cible par les bombardements qui visent des zones peuplées. Traumatisée physiquement et psychologiquement, elle est la première victime de la violence du conflit.

Pour lui venir en aide, Handicap International déploie la plus importante mission humanitaire de son histoire : 400 personnes sont mobilisées en Jordanie, au Liban, en Irak et en Syrie.

Nos équipes répondent à l’urgence en prenant en charge les blessés, en appareillant les victimes qui ont besoin d’une prothèse, en dispensant des séances de rééducation physique et de soutien psychologique.

Pour épargner des vies et préparer la reconstruction, nos experts ont lancé les opérations de déminage et de prévention dans un pays ravagé par les combats et la présence de résidus explosifs.

L’effroyable impact

des armes explosives

Handicap International contre les bombardements de civils

Des bombardements répétés

Tirs de mortier, de roquettes, de missiles, d’engins explosifs improvisés, « bombes-barils » larguées par hélicoptère, bombes à sous-munitions, les armes explosives sont régulièrement employées dans les zones peuplées de Syrie.

Des conséquences inacceptables pour les populations

Ces armes tuent et blessent aveuglément les civils au moment de leur impact. Elles génèrent de nombreux handicaps physiques, sur-handicaps et traumatismes psychologiques durables.

Les civils syriens représentent plus de 50 % des décès causés par les armes explosives depuis le début du conflit.

Les habitants sont forcés de se déplacer pour échapper aux bombardements et tirs indiscriminés, contraints de laisser derrière eux leurs biens, leurs foyers, leurs emplois.

Les armes explosives détruisent sur leur passage les infrastructures essentielles telles que les habitations, les écoles ou les hôpitaux.

Un héritage meurtrier

Elles laissent sur le long terme des déchets non explosés, appelés « restes explosifs de guerre » (REG). Dans les quartiers touchés par une attaque, leur présence rend impossible le retour à une vie normale. L’impact humain, social et économique de ces armes est particulièrement dévastateur.

Dites NON aux bombardements des civils !
Bombes à sous-munitions

Interdites par le Traité d’Oslo, les bombes à sous-munitions restent employées par les belligérants. Leur large rayon d’impact rend les populations civiles particulièrement vulnérables à leur explosion.

Selon l’ONG Human Rights Watch :

Depuis le début de l’offensive conjointe des forces russes et gouvernementales syriennes, en septembre 2015, les bombes à sous-munitions ont été utilisées à au moins 20 reprises [1].

Les forces syriennes ont utilisé au moins 249 bombes à sous-munitions dans 10 gouvernorats entre juillet 2012 et juillet 2014 [2].

Le groupe État Islamique a utilisé des bombes à sous-munitions dans au moins un lieu dans le Nord de la Syrie en 2014 [3].

Villes dévastées

Damas, Alep, Homs, Idlib, Kobané, autant de villes détruites qui rendent compte du chaos engendré par les combats en Syrie.

Une mobilisation sans précédent de la communauté internationale sera indispensable pour dépolluer la Syrie. Il faudra sans doute plus de 30 ans pour parvenir à éliminer les risques sur le territoire syrien. Ce travail de dépollution est essentiel pour permettre aux populations de reprendre possession de leurs villes, de leurs logements, de leurs champs...

À lire : Interview de Emmanuel Sauvage, coordonnateur régional de Handicap International pour la lutte contre les mines et les restes explosifs.

Syrie. Kobané, ville détruite. 2015. © Ph. Houliat / Handicap International

Restes explosifs de guerre dans la ville de Kobané lors d’une évaluation menée par Handicap International. Syrie. 2015. © Ph. Houliat / Handicap International

Générations sacrifiées

Combien de vies à relever ?

Avec près de 250 000 personnes tuées, 1 million de blessés, 4,6 millions de réfugiés et 6,6 millions de déplacés internes, le conflit syrien est l’une des pires crises humanitaires de ces trente dernières années.

Plusieurs générations de personnes blessées et mutilées par les violences nécessitent une prise en charge immédiate et à long terme. Des dizaines de milliers de victimes ont besoin de recevoir une prothèse et des soins de rééducation. D’autres réfugiés, en situation de handicap ou souffrant de maladie chronique, rencontrent des difficultés d’accès aux soins.

30%
des réfugiés sont fragilisés

et ont besoin d'une prise en charge spécifique :

1 réfugié sur 5

souffre de déficiences physiques, sensorielles ou intellectuelles

1 réfugié sur 7

souffre d’une maladie chronique

1 réfugié sur 20

est blessé

80%
des dommages corporels

sont directement liés au conflit

Source :
Hidden Victims of the Syria Crisis,
étude menée par Handicap International
et Helpage International
au Liban et en Jordanie en avril 2014

« La Syrie était si belle »

Portraits de réfugiés syriens

Hala et Aboud

6 et 4 ans

Aboud et Hala sont frère et sœur. Ils sont tous les deux atteints d’infirmité motrice cérébrale (IMC) depuis la naissance. Ils vivent avec leurs parents et 3 autres frères et sœurs. Après un exil de 7 mois à l’intérieur de la Syrie, la famille arrive en Jordanie en mai 2015. Depuis, les deux enfants bénéficient de séances de kinésithérapie avec Handicap International. Ils peuvent désormais se maintenir en position assise. L’association leur a également apporté un déambulateur et une poussette. Cependant, le sol rocailleux du camp ne leur permet pas de se déplacer aisément.

Photos : © C. Fohlen / Handicap International

Moemen

13 ans

Syrie, avril 2014, Moemen est blessé par balle à la colonne vertébrale. Pris en charge par Handicap International à son arrivée en Jordanie, Moemen suit des séances de kinésithérapie et d’ergothérapie qui lui permettent de marcher à nouveau. L’association lui a donné un déambulateur, des béquilles, un lit et un matelas en mousse, ainsi que des orthèses. Moemen a également reçu un soutien psychosocial.

Photos : © B. Bogaerts / Handicap International

Qusay

14 ans

Qusay a été amputé des deux jambes à la suite d’un bombardement en Syrie, en septembre 2013. Soigné en Jordanie et appareillé de prothèses grâce à Handicap International, il vit désormais à Irbid en Jordanie avec sa famille et réapprend à vivre debout. Sana, sa maman, admire sa volonté :

« Il ne veut pas que l’on soit triste pour lui. Et il n’a jamais perdu sa motivation, c’est probablement ce qui me rend le plus fière.

Lire son témoignage

Photos : © B. Almeras /Handicap International

Mohammed

26 ans

En 2014, alors qu’il marche dans la rue, Mohammed est grièvement blessé par un tir d’arme légère dans le dos. Malgré une opération en Syrie, il reste alité pendant un an. Sa mère, Kaldia, est seule pour prendre soin de son fils. En février 2015, ils arrivent à Azraq en Jordanie, où Mohammed est pris en charge par Handicap International. En plus des séances de kinésithérapie et d’ergothérapie, le jeune homme reçoit un fauteuil roulant, des béquilles et une orthèse pour soutenir son pied droit. Grâce au soutien de sa mère et de l’association, Mohammed apprend à marcher à nouveau.

Photos : © C. Fohlen / Handicap International

Anwar

42 ans

Anwar vit avec sa femme, ses 4 enfants et sa belle-mère dans un petit appartement au Liban. La famille a quitté la Syrie suite au bombardement de sa maison. Certains des proches d’Anwar sont tués durant l’attaque. Lui-même est blessé à la tête et souffre de pertes de mémoire. Il rencontre aussi des problèmes rénaux et a besoin de médicaments qu’il n’a pas les moyens de se procurer. Zaila, sa belle-mère, souffre de diabète et a besoin d’un traitement. Elle a bénéficié de séances de rééducation. Un déambulateur et un fauteuil roulant lui ont été remis. Sa fille bénéficie d’un soutien psychologique.

Photos : © F. Buyckx / Handicap International

Ahlam

53 ans

Ahlam, réfugiée syrienne, vit au Liban dans un appartement avec deux de ses fils, ses belle-filles et ses trois petits-enfants. Elle souffre d’hémiplégie, une maladie qui paralyse partiellement le côté droit de son corps. Il y a quelques mois, Ahlam était incapable de marcher. Grâce aux séances de kinésithérapie et aux aides à la mobilité qu’elle a reçues de Handicap International, son quotidien s’est amélioré. Ahlam a retrouvé l’usage de ses jambes et peut s’occuper de ses petits-enfants. L’un de ses fils vit encore en Syrie mais elle n’a pas eu de nouvelles depuis des mois.

Photos : © F. Buyckx / Handicap International

Aidez-nous à protéger les civils syriens !

Les actions de
Handicap International

SYRIE, LIBAN, JORDANIE, IRAK

Réponse à l’urgence

Handicap International apporte une assistance humanitaire en Jordanie, au Liban, en Irak, en Syrie à travers des actions de réadaptation physique des blessés et de soutien psychosocial auprès des réfugiés. Nous effectuons des distributions d’urgence auprès des familles se trouvant en zones assiégées ou difficilement accessibles en Syrie. Nous avons également déployé des points relais « handicap et vulnérabilité » afin d’identifier et d’orienter les personnes les plus vulnérables.

Éducation aux risques et dépollution des territoires

Pour prévenir les accidents, Handicap International dispense des séances d’éducation aux risques des restes explosifs pour apprendre à la population à reconnaître le danger et à s’en protéger. Pour préparer la reconstruction, nos équipes ont démarré des activités de dépollution, notamment à Kobané, où une tonne d’engins non explosés a été retirée des décombres puis détruite dès l’été 2015.

Condamnation et plaidoyer

Par ses actions de plaidoyer, Handicap International pose les alertes, condamne les violations généralisées du Droit international humanitaire, appelle les États à une réaction immédiate pour mettre fin aux souffrances humaines causées par les armes explosives en zones peuplées et pour améliorer l’accès de l’aide humanitaire auprès des victimes du conflit syrien.